D’avril à juin 1945, le monde assiste à la chute brutale du IIIᵉ Reich, qui s’effondre dans le chaos, le sang et les ruines. Tandis que les armées soviétiques et alliées convergent vers Berlin, l’Allemagne nazie s’effondre de l’intérieur. Adolf Hitler, reclus dans son bunker, refuse l’évidence et entraîne le pays dans une apocalypse. En l’espace de quelques semaines, les figures clés du régime disparaissent, la capitale tombe, et l’Allemagne capitule sans condition. Ce moment marque la fin d’une guerre dévastatrice en Europe, mais aussi le début d’un nouveau monde.
Avril 1945 : Berlin encerclée, le IIIᵉ Reich vacille
Le front de l’Est : l’Armée rouge aux portes de Berlin
Dès début avril 1945, l’Armée rouge de Joukov et Konev lance son offensive finale sur la capitale allemande. L’objectif est clair : prendre Berlin avant les Américains, afin d’asseoir l’influence soviétique sur l’Europe centrale.
Le 16 avril, l’opération "Bataille de Berlin" débute. Des millions de soldats, appuyés par des milliers de chars et d’artillerie lourde, avancent dans les faubourgs de la ville.
Le bunker d’Hitler : l’aveuglement total
Dans son Führerbunker situé sous la chancellerie à Berlin, Hitler refuse de quitter la ville. Il vit reclus avec ses proches, y compris Eva Braun, qu’il épouse le 29 avril. Il continue à donner des ordres absurdes, croyant à des divisions fantômes, et ordonne la destruction de l’Allemagne dans un ultime ordre de la terre brûlée.
« Si la guerre est perdue, le peuple allemand a échoué. » — Adolf Hitler, avril 1945
30 avril 1945 : le suicide d’Hitler
Un geste symbolique et tragique
Alors que les troupes soviétiques sont à quelques rues du bunker, Hitler se donne la mort le 30 avril, à 56 ans, avec Eva Braun. Il lègue le pouvoir à Joseph Goebbels et à l’amiral Karl Dönitz dans son testament politique.
Son corps est brûlé dans le jardin de la chancellerie sur ordre strict, pour éviter tout usage symbolique par les vainqueurs.
La mort de Goebbels et la fin du cercle nazi
Le 1er mai, Joseph Goebbels se suicide à son tour, après avoir tué ses six enfants avec l’aide de son épouse. Berlin est désormais en ruine, sans commandement clair, alors que les combats de rue continuent.
Capitulation de Berlin : 2 mai 1945
La chute de la capitale
Le 2 mai 1945, le général Weidling, commandant les forces allemandes à Berlin, capitule face aux Soviétiques. La ville est en ruines : près de 100 000 soldats allemands sont morts, et des milliers de civils ont été tués ou blessés. Les conditions de la reddition sont brutales, et les pillages et violences de l’Armée rouge sont massifs.
Les Alliés progressent à l’Ouest
Pendant ce temps, les troupes alliées (américaines, britanniques, françaises) libèrent l’Allemagne de l’ouest et du sud. Le camp de Dachau est libéré le 29 avril, Munich tombe le 30, et Hambourg le 3 mai.
7-8 mai 1945 : la capitulation de l’Allemagne
La signature à Reims
Le 7 mai 1945, à Reims, dans le quartier général allié, le général Alfred Jodl signe la capitulation sans condition de l’Allemagne au nom de l’amiral Dönitz. Les Alliés exigent une reddition totale sur tous les fronts, immédiatement.
La signature finale à Berlin
Staline exige une nouvelle signature à Berlin, devant l’Armée rouge. Le 8 mai 1945, à Karlshorst, le maréchal Keitel signe de nouveau l’acte de capitulation devant les Soviétiques.
En Europe, c’est la fin officielle de la Seconde Guerre mondiale. Les festivités éclatent à Paris, Londres et New York : c’est le VE-Day (Victory in Europe Day).
Après la guerre : poursuites, occupation et reconstruction
La traque des criminels nazis
Dans les semaines qui suivent, les Alliés arrêtent les hauts dignitaires nazis encore en vie : Göring, Himmler (qui se suicide), Hess, Speer, etc. Le procès de Nuremberg débutera fin 1945, posant les bases du droit international moderne.
L’Allemagne occupée et divisée
L’Allemagne est occupée par les Alliés : soviétiques à l’est, occidentaux à l’ouest. Berlin est divisée en quatre zones. Les bases de la Guerre froide sont jetées dès la conférence de Potsdam en juillet 1945.
Un effondrement total : bilan humain et symbolique
Des millions de morts
L’Allemagne sort de la guerre détruite et exsangue. Le bilan est effroyable :
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Environ 7 millions d’Allemands morts,
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6 millions de Juifs exterminés dans la Shoah,
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Des dizaines de millions de réfugiés déplacés,
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Des villes entières rasées : Dresde, Hambourg, Berlin…
La fin d’une idéologie meurtrière
La chute du IIIᵉ Reich marque la fin du nazisme en tant que régime d’État. Mais son idéologie survivra sous des formes souterraines. Il faudra des décennies pour reconstruire l’Europe, et affronter la mémoire du génocide, des camps, des collaborations et des résistances.
De la folie à la ruine : la fin inéluctable du IIIᵉ Reich
Entre avril et juin 1945, le IIIᵉ Reich s’effondre en entraînant avec lui des millions de vies et une civilisation entière dans le gouffre. Le suicide d’Hitler, la chute de Berlin, la capitulation allemande ne sont pas de simples faits militaires, mais les symboles d’un système totalitaire qui s’est autodétruit. Cette fin dramatique marque à la fois la libération de l’Europe et le début d’un monde nouveau, bâti sur les ruines de l’ancien.