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Josef Mengele : la traque du médecin criminel d’Auschwitz

Plongez dans l’histoire de Josef Mengele, surnommé « l’Ange de la mort », médecin d’Auschwitz responsable d’expériences inhumaines. Découvrez comment il a échappé à la justice pendant des décennies, et les efforts déployés pour le retrouver. ...

🗓️ 26 novembre 2025 📁 Histoire et Civilisations | Les Personnages de l'Histoire

Josef Mengele reste l’un des symboles les plus glaçants de la barbarie nazie. Médecin SS à Auschwitz, il s’est rendu tristement célèbre pour ses expériences pseudo-scientifiques menées sur des déportés, notamment des jumeaux. Après la chute du IIIe Reich, il parvient à fuir l’Europe et à échapper à la justice pendant plus de trois décennies. Cet article revient sur son parcours, les crimes qu’il a commis, et la longue traque internationale menée pour tenter de l’arrêter.

Josef Mengele : la traque du médecin criminel d’Auschwitz
⏳ 5 min

Josef Mengele : l’Ange de la mort d’Auschwitz

Une formation académique brillante, détournée par l’idéologie

Josef Mengele est né en 1911 en Bavière dans une famille aisée. Brillant élève, il obtient un doctorat en anthropologie et un diplôme de médecine. Mais rapidement, il se rapproche des idéologies racistes et eugénistes du nazisme.

En 1937, il rejoint le parti nazi, puis les SS. Il s’intéresse aux théories de l’hérédité raciale, ce qui l’amène à être affecté en 1943 au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne occupée.

Les expériences inhumaines sur les jumeaux et les enfants

À Auschwitz, Mengele devient le médecin chef du camp. Il supervise la "sélection" à la rampe : les prisonniers sont triés dès leur arrivée, certains envoyés à la mort, d'autres à l’esclavage ou à ses expérimentations.

Son obsession pour les jumeaux le conduit à pratiquer des expériences pseudo-scientifiques cruelles : injections de substances toxiques, amputations, greffes d’organes, tentatives de modification de la couleur des yeux avec des produits chimiques… Tout cela sans anesthésie, ni justification médicale. Beaucoup de ses victimes étaient des enfants.

Parmi ses victimes les plus connues figurent les jumeaux tziganes et juifs, dont les témoignages ultérieurs décriront l’horreur de ses actes. Son nom reste associé à la perversion de la médecine par l’idéologie nazie.

La fuite de Mengele après la guerre

Une évasion rapide en Bavière puis vers l’Amérique du Sud

À la fin de la guerre en 1945, Mengele est capturé par les Alliés sous une fausse identité, mais relâché car il n’est pas encore reconnu comme criminel de guerre. Il vit quelque temps caché en Allemagne, puis bénéficie d’un réseau d’anciens nazis pour fuir en Argentine en 1949, via les fameuses "ratlines" (filières d’exfiltration nazi), souvent tolérées par des autorités complaisantes ou complices.

En Argentine, il vit sous plusieurs pseudonymes et mène une vie discrète. Il reçoit même pendant des années des fonds de sa famille restée en Allemagne, propriétaire d'une usine florissante.

Protection et complicité des régimes sud-américains

Sous Juan Perón, l’Argentine est un refuge pour de nombreux criminels nazis. Mengele y côtoie d’autres fugitifs comme Adolf Eichmann, jusqu’à l’enlèvement de ce dernier par le Mossad en 1960.

Craignant pour sa sécurité, Mengele fuit au Paraguay, puis au Brésil, changeant constamment d’identité. Les dictatures locales ferment souvent les yeux, voire protègent ces anciens nazis.

Une traque internationale lente et frustrante

Les demandes d’extradition ignorées

Dans les années 1950 et 60, plusieurs pays, dont l’Allemagne de l’Ouest et Israël, réclament son extradition. Mais les pays où il se cache (Argentine, Paraguay, Brésil) font obstacle, volontairement ou par laxisme.

Simon Wiesenthal, célèbre chasseur de nazis, fera de Mengele une de ses priorités, multipliant les pressions médiatiques et diplomatiques. Le Mossad enquêtera aussi, mais sans succès. Malgré plusieurs pistes, Mengele reste introuvable.

Les fausses pistes et les erreurs d’enquête

Pendant des années, les services de renseignement reçoivent des témoignages contradictoires : certains disent l’avoir vu en Europe, d’autres au Moyen-Orient. Des arrestations sont lancées contre de mauvais suspects. La famille Mengele, en Allemagne, refuse de coopérer.

Les États-Unis déclasseront dans les années 1980 des documents prouvant qu’ils avaient connaissance de sa localisation dès les années 60, sans pour autant agir — notamment à cause de la Guerre froide et des enjeux diplomatiques en Amérique latine.

La découverte de sa mort tardive

Un décès passé inaperçu pendant six ans

Ironie du sort : Josef Mengele meurt en 1979, noyé accidentellement lors d’une baignade près de São Paulo, au Brésil. Il vivait sous le nom de Wolfgang Gerhard.

Ce n’est qu’en 1985 que des enquêteurs allemands et brésiliens découvrent une tombe suspecte. En 1985-86, une exhumation est réalisée et une analyse médico-légale confirme, grâce à des tests ADN, qu’il s’agissait bien de Mengele.

L’impunité jusqu’à la fin

La nouvelle provoque une onde de choc dans le monde entier. Josef Mengele, responsable de la mort de milliers de personnes, est mort libre, sans avoir jamais été jugé. Les survivants d’Auschwitz, les familles de victimes, et les défenseurs de la justice internationale sont consternés.

Sa mort sans procès pose encore aujourd’hui la question de l’efficacité de la traque des criminels de guerre, et des complicités dont ils ont pu bénéficier.

Un symbole de la barbarie médicale et de l’impunité

Josef Mengele reste l’un des visages les plus terrifiants du nazisme. Son rôle à Auschwitz dépasse la simple fonction de médecin : il incarne la perversion de la science au service de la haine raciale. Sa fuite et sa mort paisible sont une blessure pour la mémoire des victimes et un échec pour la justice internationale.

Aujourd’hui, son nom sert d’avertissement. Il rappelle que la science, sans conscience, peut devenir un outil de destruction massive, et que les crimes contre l’humanité ne doivent jamais être oubliés.

Mengele, l’ombre d’un monstre toujours présente

Plus de 75 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Josef Mengele continue d’incarner l’impunité des criminels de guerre. La lenteur de sa traque, les complicités politiques, et son décès sans procès interrogent encore notre capacité à rendre justice. Mais son souvenir, lui, reste vivace, dans les témoignages des survivants, les œuvres historiques, et les leçons que l’humanité doit tirer de l’histoire.

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