Le site dédié aux passionnés de culture !

Dagobert Ier, fils de Clotaire II

🗓️ 17/01/2026 · 50:01 · 👁️‍🗨️ 15 vues -

Si le nom de Dagobert évoque souvent une célèbre comptine enfantine, son rôle historique est bien plus significatif. Fils du roi Clotaire II, Dagobert Ier règne au VIIe siècle sur un royaume mérovingien encore puissant. Il est souvent considéré comme le dernier roi mérovingien à avoir réellement gouverné. Alliant autorité politique, réformes administratives et mécénat religieux, il laisse derrière lui un héritage contrasté, entre faits historiques et mythes populaires.

Une ascendance prestigieuse : le fils de Clotaire II

Dagobert Ier est le fils du roi Clotaire II, souverain des Francs ayant réussi à réunifier le royaume mérovingien après plusieurs décennies de division. Sa mère, Bertrude, est une noble franque, issue de l’aristocratie austrasienne.

Né vers vers 605, Dagobert grandit dans une cour où l’unité du royaume est encore fragile. Dès son plus jeune âge, il est associé au pouvoir : son père le fait roi d’Austrasie (partie orientale du royaume franc) en 623, tout en conservant la souveraineté sur la Neustrie et la Bourgogne.

Un règne puissant et centralisateur

À la mort de Clotaire II en 629, Dagobert hérite de la totalité du royaume franc. Il tente de poursuivre l’œuvre de centralisation initiée par son père, en imposant son autorité sur une aristocratie souvent rétive.

Consolidation du pouvoir royal

Dagobert s’efforce de maintenir l’unité du royaume en jouant un rôle actif dans l’administration :

  • Il s’entoure de conseillers compétents, comme le célèbre Éloi de Noyon, son orfèvre devenu évêque.

  • Il nomme des maires du palais fidèles à sa politique.

  • Il intervient dans les affaires ecclésiastiques pour renforcer le rôle de l’Église tout en en gardant le contrôle.

Mais pour apaiser les tensions régionales, il finit par céder une partie du royaume à son fils Sigebert III, qui devient roi d’Austrasie dès 634.

Une diplomatie active

Dagobert entretient des relations diplomatiques avec les Wisigoths, les Lombards et même l’Empire byzantin. Il affirme le prestige de la royauté franque sur la scène européenne, en se posant en protecteur de l'Église et du peuple.

Un roi bâtisseur et mécène religieux

Dagobert est également célèbre pour son soutien à l’Église et son rôle de mécène.

Fondation de Saint-Denis

Il fonde ou soutient plusieurs institutions religieuses, dont l'abbaye royale de Saint-Denis, qui deviendra la nécropole des rois de France. Dagobert est le premier roi à s’y faire enterrer, marquant le début d’une tradition dynastique.

Selon la tradition, c’est lui qui fait construire une basilique digne du prestige de saint Denis, le martyr chrétien patron du royaume des Francs.

Soutien aux arts et à l’Église

Dagobert protège les artistes, artisans et religieux. Il est à l’origine d’un renouveau artistique dans le domaine de l’orfèvrerie, de l’architecture et des manuscrits. Son règne est parfois vu comme une transition entre le haut Moyen Âge chaotique et une forme d’État monarchique structuré.

Le roi Dagobert entre mythe et chanson

L’image de Dagobert a largement été déformée ou simplifiée par la postérité, notamment par la célèbre chanson :

« Le bon roi Dagobert a mis sa culotte à l’envers… »

Cette comptine satirique, apparue bien plus tard (probablement au XVIIIe siècle), visait à tourner en ridicule la monarchie en caricaturant un roi réputé pourtant pour son autorité.

Une réputation ambivalente

  • Dans la tradition populaire, Dagobert devient une figure comique, un peu simplet.

  • Dans l’historiographie moderne, il est considéré comme le dernier roi mérovingien à exercer un pouvoir effectif, avant la montée en puissance des maires du palais, tels que Pépin de Herstal ou Charles Martel.

La fin d’un règne et le déclin des Mérovingiens

Dagobert Ier meurt en 639 à Épinay-sur-Seine. Il laisse derrière lui deux fils : Sigebert III en Austrasie et Clovis II en Neustrie et Bourgogne. Dès lors, le pouvoir royal décline au profit des maires du palais, qui deviennent les véritables dirigeants du royaume.

Ce glissement progressif du pouvoir prépare l’avènement d’une nouvelle dynastie : les Carolingiens, avec Pépin le Bref, père de Charlemagne.

Héritage d’un roi à redécouvrir

Dagobert Ier reste une figure centrale du Moyen Âge mérovingien. Son règne symbolise le dernier éclat d’un pouvoir royal effectif avant une longue période de déclin. Fondateur de Saint-Denis, artisan d’un pouvoir unifié et protecteur de l’Église, il mérite d’être redécouvert au-delà des clichés véhiculés par la chanson populaire.

À mi-chemin entre le souverain historique et la figure de légende, Dagobert continue d’intriguer les historiens comme les amateurs de culture populaire.